POUR VISITER L’ABBAYE

PLAN ET LÉGENDE

  1. Entrée primitive de l’Abbaye. Le mur sera détruit en 1808
  2. Chapelle « aux portes » consacrée à Saint Jean Baptiste et Saint Front en 1147.
  3. La source Fons Cancellatus qui donnera son nom à la commune.
  4. La première cour et le lavoir
  5. Le pigeonnier
  6. L’entrée des bâtiments conventuels
  7. La basse cour
  8. Le cuvier (privé)
  9. Les écuries (privé)
  10. Le moulin-boulangerie (privé)
  11. Le logis de Bourdeilles (presbytère actuel)
  12. Le logement des novices (détruits après 1789)
  13. Petite cour (cloitre des novices) (détruits après 1789)
  14. La bibliothèque (détruits après 1789)
  15. Les réfectoires, les dortoirs (détruits après 1789)
  16. Le cloitre (détruits après 1789)
  17. L’infirmerie, le chauffoir (détruits après 1789)
  18. L’église abbatiale (construite en 1129) consacrée à la vierge et à Madeleine en 1146   Reconstruite en 1623.
  19. Le jardin du curé (appelé ainsi à partir de 1793) ou se situait une grande volière
  20. Le logis de l’abbé connaît cinq époques de transformation du 12eme au 17eme siècle
  21. Petit pont roman en matériaux de réemploi venant du premier cloitre
  22. Dans le petit jardin emplacement de la Chapelle Sainte Anne dédiée au futur papeClément V
  23. Le ruisseau irriguant la plaine cultivée (potager, verger)
  24. L’allée d’ifs, promenade des Chanoines, lieu de repos, de méditation.
  25. L’ancienne Chapelle Notre Dame du Puyer
  26. Le vivier en communication avec la Beauronne (Réduit par le tracé du chemin de fer)
  27. Le parquet construit pour y exercer le droit de justice
  28. Prieuré Bienheureux Alain de Solminihac ; maison des Chanoines de Saint Victor.

VISITE GUIDEE

L’entrée primitive (1) : sur les murs extérieurs de la chapelle on remarque les arrachements du mur d’enceinte et des portes d’entrées (à guichet et cochère) détruit en 1808
La chapelle (2) est construite en 1128 sur la clôture de l’abbaye et en pierre de Chancelade, elle est posée sur le rocher sans fondations. On remarque sur les moellons de nombreuses marques lapidaires des ouvriers tacherons.
La chapelle est destinée aux paroissiens. L’architecture du portail porte les symboles du lieu de culte : La partie basse s’inscrit dans un carré symbole du monde créé ; la partie haute dans un triangle évoquant la Trinité : Père, fils et Esprit. C’est là que l’on trouve l’oculus et au dessus l’agneau crucifère. Sous la corniche séparative, sur le modillon du centre, est gravée la main bénissante.
A l’intérieur une voute en deux travées séparées par  des colonnes encastrées et le chœur en demi-cercle.
On remarque les douze croix de dédicace de consécration du lieu de culte.
A gauche de l’autel une fresque évoque le Christ en manteau rouge sortant du palais de Pilate pour être conduit au calvaire en haut à gauche.
Au dessus de l’autel le reste d’un tétramophe. Evocation des quatre évangélistes (l’aile de Saint Jean l’Evangéliste toujours représenté par un aigle).
La source enterrée (3) « fons cancéllatus » est à l’origine de l’installation de religieux venus de Charente qui choisissent de vivre selon la règle de Saint Augustin.
Une canalisation descend vers les bâtiments conventuels et une autre, si le niveau d’eau le permet, vers le lavoir puis le jardin et se déverse, au fond du parc dans le vivier.
Dans la première cour (4) tout le monde pouvait circuler. En contrebas le lavoir, sur la hauteur le pigeonnier (5)
Face à vous, à gauche du logis de Bourdeilles (11) du XVème dont la façade à été revue au XVIIème, la porte cochère et le guichet (6) donnent accès aux bâtiments conventuels séparés par des cours. L’accès était réservé aux religieux et aux ouvriers.
Les bâtiments sont construits et modifiées au fil des évolutions de l’abbaye.
Cuvier, écuries, étables, ateliers, moulin-boulangerie alimenté par le bief sur la Beauronne (Ses bâtiments sont privé depuis 1789 et ne se visitent pas).
Derrière ce logis et l’église abbatiale se trouvait le logement des novices (12) et le petit cloitre (13), la bibliothèque (14), les réfectoires et dortoirs (15), l’infirmerie(17) et le cloitre des profès (16).
Au XVIIIème les chanoines de Chancelade acquièrent une réputation d’érudition historique  digne de celle des Bernardins.
Ces bâtiments ont servis de carrière de pierres après la vente comme bien national en 1790.
L’église abbatiale (18) édifiée à partir de 1128 est consacrée en 1146. La nef et le chœur sont rebâtis en 1623 en ogival en s’appuyant sur les murs romans.
Sur le portail, qui à été remanier, les quatre modillons du centre évoquent les quatre éléments (eau-terre-feu-vent) Là encore nous sommes dans le monde créé.
A l’intérieur quatre travées  romane en partie basse et cinq pour la voute ogivale.
En avançant sur la droite une frise du 13ème, comme les quelques traits évoquant des jambières de soldats. Se sont les  chevaliers assassinant  l’Archevêque de Canterbury, Sir Thomas Becket dans sa cathédrale le 29 décembre 1170.
En face on distingue le visage du Christ dans une fresque le montrant sur le chemin d’Emaus après sa résurrection.
La croisée du transept est couverte d’une coupole sur pendentif surmontée du clocher.
Le chœur roman jusqu’en1569, reconstruit au XVIIème compte 64 stalles, les miséricordes ont toutes un motif décoratif différent.
Derrière les boiseries deux peintures : St Christophe, très imposant porte l’enfant Jésus. A coté, Sir Thomas Becket auquel un culte était rendu depuis son assassinat par Henry II d’Angleterre, marié à Aliénor d’Aquitaine. Le Pape Alexandre III lui ayant demandé de faire pénitence et d’honorer sa mémoire l’on retrouve son évocation dans plusieurs églises du Périgord.
On peut imaginer que tout le chœur roman était peint sur le modèle de ses deux personnages.
Dans le transept de gauche le Christ aux outrages. Un tableau offert par le Roi Louis XIII à Alain de Solminihac. Rénovateur de l’abbaye et futur évêque de Cahors.
Le chemin de croix du XXIème siècle. Peinture sur céramique. Un descriptif est disponible au fond de l’église. Un livret de méditation est en vente à l’accueil.
En sortant et traversant sur le coté sud de l’abbatiale  l’ancien jardin de curé (19) vous rejoignez le logis de l’Abbé (20). Ce bâtiment construit d’abord en roman au 12ème évolua jusqu’au 17ème avec l’ajout du deuxième étage, des deux pavillons reliées par une terrasse à balustres supportée par huit arches.
Ce beau bâtiment à abrité au fil du temps, le curé de Beauronne, des Abbés mais ils serait surtout d’hôtellerie au 18ème  pour les nombreux visiteurs attirés par la renommée spirituelle et intellectuelle de l’abbaye.
Sur la droite de la façade principale un pont roman (21) franchit le bief du moulin. Il est fait avec des pièces du l’ancien cloitre. A cet endroit et depuis la chapelle Saint Jean le mur d’enceinte du parc, couvert en tuiles, court sur 1560 mètres.
Derrière le logis un grand espace vide : c’est l’emplacement des bâtiments décrit plus haut et démolis après 1789 pour construire des maisons. La pierre était aussi broyée dans le moulin pour faire du carbonate de chaux utilisé par les porcelainiers et verriers.
Dans l’angle du chœur et du transept nord des fresques rappellent l’emplacement de la chapelle Sainte Anne (22) construite en souvenir du passage en 1304 de Bertrand de Got, Archevêque de Bordeaux et futur Pape Clément V.
Cette zone à été plusieurs fois modifié. On distingue un escalier et des ouvertures permettant aux chanoines de cheminer du chœur aux dortoirs.
Pour prolonger la promenade, en revenant vers le parc, en traversez le ruisseau (23) irriguant toute la plaine, cultivée en potager et fruitiers, vous montez vers l’allée d’if (24), lieu de sérénité. Là se trouve la chapelle Notre Dame du Puyer (25) aujourd’hui désaffectée.
En allant jusqu’au fond du parc on verra l’emplacement du vivier( 26). Un système de nasses permettait de capturer les poissons de la Beauronne. Le vivier était beaucoup plus important avant le tracé de la ligne de chemin de fer qui amputa une partie de la plaine.
Au retour vers la chapelle Saint Jean, en bordure de route, se trouve le parquet (27) ou s’exerçait, au XVIIIème siècle le droit de justice pour les villages de Beauronne et Marsac.
Le bâtiment neuf, prieuré Bienheureux Alain de Solminihac (28), abrite le logement de la communauté actuelle.

VISITER L’ABBAYE EN PELERIN: proposition spirituelle

Point de départ : le portail de la chapelle Saint-Jean
Contempler sur la façade l’agneau crucifère.
Il représente le Christ, l’Agneau de Dieu, sacrifié pour le rachat du monde.
Il a porté sa croix, en laquelle sont résumés tous les fardeaux humains.
Intérieurement, je peux lui confier ce qui pèse dans ma vie, dans ma mémoire ou sur ma conscience : douleurs physiques ou morales, craintes, culpabilités…
Prions :
Dieu est pour nous refuge et force, secours dans la détresse, toujours offert.
Nous serons sans crainte si la terre est secouée, si les montagnes s’effondrent au creux de la mer ;
ses flots peuvent mugir et s’enfler, les montagnes, trembler dans la tempête :
Il est avec nous, le Seigneur de l’univers ; citadelle pour nous, le Dieu de Jacob !
Gloire au Père et au Fils et au Saint-Esprit pour les siècles des siècles.
(Extrait du Psaume 45, 2-4)

La source (sous la stèle du Bienheureux Alain de Solminihac)
Ici jaillit une eau vive !
Cette eau a désaltéré le premier ermite de Chancelade.
Et toute la vie religieuse qui s’est développée ici, à sa suite.
A l’eau naturelle s’est peu à peu superposée l’eau surnaturelle, qui jaillit en vie éternelle.
Combien de baptêmes ont-ils été célébrés à Chancelade, depuis les origines ?
Combien d’hommes et de femmes y ont-ils trouvé, retrouvé ou abreuvé leur foi ?
« Au jour solennel où se terminait la fête, Jésus, debout, s’écria : « Si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi, et qu’il boive, celui qui croit en moi ! Comme dit l’Écriture : De son cœur couleront des fleuves d’eau vive. » En disant cela, il parlait de l’Esprit Saint qu’allaient recevoir ceux qui croiraient en lui. »
Évangile selon saint Jean 7, 37-39
Ici je peux prier pour demander l’Eau Vive, pour moi, et pour ceux qui passeront plus tard.
Prions :
Viens, Esprit Créateur nous visiter,
Viens éclairer l’âme de tes fils,
Emplis nos cœurs de grâce et de lumière,
Toi qui créas toute chose avec amour,
Toi le Don, l’envoyé du Dieu Très-Haut,
Tu t’es fait pour nous le Défenseur,
Tu es l’Amour, le Feu, la Source vive,
Force et douceur de la grâce du Seigneur !
A l’entrée de l’abbatiale
Franchir le seuil.
Avec l’eau du bénitier (à droite en entrant), tracer sur soi, lentement, le signe de la croix.
Ce signe nous redit de quel amour Dieu nous a aimés et nous aime encore, fidèlement.
L’eau rappelle que son Amour donne la Vie.
Ce geste est aussi un oui renouvelé au baptême que nous avons reçu, ou que nous pouvons recevoir.
Enfants de Dieu, nous pouvons aussi devenir enfants de Marie. Jésus nous l’a donnée comme seconde mère, afin qu’elle nous aide à grandir dans la vie du Ciel.
Devant la statue de la Vierge montée au Ciel, Notre-Dame de l’Assomption, à qui est dédiée l’abbatiale,
prions :
Dieu s’est penché sur toi, Marie.
Il t’a choisie parmi toutes les femmes
Pour être la mère du Verbe éternel,
Pour être notre mère.
Dieu t’a comblée de toute grâce,
Il t’a bénie parmi toutes les femmes,
Tu es le reflet de l’amour éternel,
De la bonté du Père.
Dans sa gloire,
Dieu t’a accueillie
Auprès de lui.
Tu deviens, joie de l’Éternel,
Reine du Ciel !
Je me confie en toi, Marie,
Écoute ma prière.
Amen.
Dans l’abbatiale, devant le tableau « Le Christ aux outrages »
« Méprisé, abandonné des hommes, homme de douleurs, familier de la souffrance, il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; et nous l’avons méprisé, compté pour rien. »
Isaïe 53, 3
Remettons-nous face à l’homme de douleurs. Il est seul, délaissé : pas de détails anecdotiques autour de lui, pas de visages grimaçants d’adversaires. L’essentiel, c’est Lui dans une Confrontation qui saisit parce qu’elle interroge. Il se donne à voir, sans effets grandioses, mais dans la simplicité, au cœur de la nuit qui enveloppe le tout et pousse à l’intime : pourquoi es-tu là ? C’est vrai de « l’acteur » et du « spectateur ». Pas de références précises. C’est la Passion bien sûr, mais une Passion interrompue, une pause, la saisie d’un instantané peu compatible avec le récit évangélique qui de son côté, est en mouvement perpétuel : on L’emmène devant les grands prêtres, devant Hérode, devant Pilate, au Golgotha ; quand s’asseoir ?
Pour moi, dit saint Augustin, commentant le Psaume 44, quelque part où je voie mon sauveur, sa beauté me semble charmante. Il est beau dans le ciel, aussi est-il beau dans la terre, beau dans le sein de son Père, beau entre les bras de sa mère. Il est beau dans les miracles, il ne l’est pas moins parmi les fouets. Il a une grâce non pareille soit qu’il nous invite à la vie, soit que lui-même il méprise la mort. Il est beau même jusqu’à la Croix, il est beau même dans le sépulcre… »
Une image de « dévotion » nous est ainsi montrée. Pas seulement une catéchèse, ni une évocation éclatante, ni même une page d’histoire, si sainte soit-elle ! Mais la rencontre entre deux hommes qui passent l’un sur le chemin de sa mort « prisonnier » du tableau qui l’enferme, l’autre, le visiteur, dans la déambulation de sa vie. À moins que ce ne soit le même homme…
Mais quelque chose nous arrête encore, cette chair susceptible d’être broyée est prise dans une lumière de transfiguration ou de résurrection. Une anticipation ? Ou un développement du « il est beau » de saint Augustin, en toutes circonstances, où l’humain et le divin ne peuvent être séparés, où chair et esprit sont en union indissociable ?
(D’après une méditation du P. Marc Bonningues, CRSV)
Prions :
Ô Verbe ! Ô Christ !
Que vous êtes beau ! Que vous êtes grand !
Qui saura vous connaître ? Qui pourra vous comprendre ?
Faites, ô Christ, que je vous connaisse et que je vous aime.
Puisque vous êtes la lumière,
laissez venir un rayon de cette divine lumière sur ma pauvre âme,
afin que je puisse vous voir et vous comprendre.
Mettez en moi une grande foi en vous,
afin que toutes vos paroles soient pour moi
autant de lumières qui m’éclairent et me fassent aller à vous,
et vous suivre, dans toutes les voies de la justice et de la vérité.
(Bienheureux Antoine Chevrier)
Devant l’autel dédié au Bienheureux Alain de Solminihac
« Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. »
(Évangile selon saint Jean 2, 17)
Appelé à devenir abbé de Chancelade, Alain de Solminihac a pris sa charge au sérieux, à une époque où de nombreux supérieurs de communautés religieuses avaient perdu toute motivation spirituelle. Alain a pris le temps de se former, puis de réformer sa communauté, faisant bientôt des émules. Devenu plus tard évêque de Cahors, tout en ayant le souci de fortifier la foi dans son diocèse et de former ses prêtres, il a continué à veiller sur les chanoines de Chancelade pendant seize années.
Reconnu bienheureux par le pape Jean-Paul II, il peut aujourd’hui être invoqué par tous les chanoines réguliers comme un grand frère bienveillant.
Je peux m’associer à leur prière, pour demander au bienheureux Alain de soutenir le renouveau spirituel de l’Abbaye de Chancelade… et de tous ses visiteurs !
Prions :
Seigneur,
tu as donné au bienheureux Alain l’esprit de force
pour annoncer l’Évangile
et pour être le Bon Pasteur de ton troupeau,
ardent dans ses réformes,
plein de bonté pour les pauvres,
fervent dans sa contemplation.
Accorde-nous, à son exemple,
d’unir dans notre vie l’amour de la prière,
le souci de nos frères
et un attachement sans faille à ton Église.
Par Jésus, le Christ, notre Seigneur.
Amen.
Dans les stalles du chœur, je peux m’asseoir face à la fresque de saint Thomas Becket
(Ne pas hésiter à ouvrir le panneau)
« Judas, avec un détachement de soldats ainsi que des gardes envoyés par les grands prêtres et les pharisiens, arrive à cet endroit. Ils avaient des lanternes, des torches et des armes.
Alors Jésus, sachant tout ce qui allait lui arriver, s’avança et leur dit : « Qui cherchez-vous ? »
Ils lui répondirent : « Jésus le Nazaréen. » Il leur dit : « C’est moi, je le suis. » Judas, qui le livrait, se tenait avec eux.
Quand Jésus leur répondit : « C’est moi, je le suis », ils reculèrent, et ils tombèrent à terre. »
Évangile selon saint Jean 18, 3-6
Thomas Becket, archevêque de Canterbury, a défendu jusqu’au sang la liberté de l’Église, face aux abus du souverain Henri II. Il fait partie de l’immense famille des martyrs, qui pouvaient conserver la vie mais ont préféré la perdre, par fidélité au Christ et dans l’espérance de la vraie Vie.
Prions :
Seigneur,
sur les cinq continents, en haine de la foi,
tant de chrétiens sont menacés, persécutés.
Signes de contradiction, animés du seul désir d’aimer,
ils meurent pour toi qui es l’Amour.
Nous te prions pour eux, accueille-les auprès de toi.
Nous te confions aussi leurs persécuteurs,
aveuglés par la haine et la violence.
Que le sacrifice et le pardon de leurs victimes
les mènent sur un chemin de conversion.
(D’après Aide à l’Église en Détresse)
Devant le tabernacle
« Et le Verbe s’est fait chair et il a planté sa tente parmi nous et nous avons vu sa gloire, la gloire qu’il tient de son Père comme Fils unique, plein de grâce et de vérité.  »
Évangile selon saint Jean 1, 14
Une veilleuse rouge brûle en permanence à proximité du « tabernacle ». Ce meuble abrite le Saint-Sacrement, c’est-à-dire la réserve d’hosties consacrées au cours de la messe.
Étymologiquement, le tabernacle est la « tente » du Seigneur : il a voulu « camper » près des hommes, nomades de passage sur cette terre.
Par l’hostie consacrée, Dieu se donne lui-même en nourriture, pour fortifier la foi des croyants et les aider à parvenir jusqu’à sa Demeure Céleste.
Saint Augustin met sur les lèvres du Christ ces paroles: « Je suis l’aliment des grands ; grandis et tu me mangeras. Tu ne me transformeras pas en toi, comme la nourriture de ta chair, mais c’est en moi que tu te transformeras » (Confessions VII, x, 16).
Prions :
Je vous adore profondément,
ô Dieu réellement caché sous ces apparen­ces;
mon cœur se soumet à vous tout entier,
parce que, en vous con­templant, tout entier il est anéanti.
Sur la croix, la divinité seule était cachée;
ici la divinité et l’humanité se cachent également :
croyant néanmoins et confessant l’une et l’autre,
je vous demande, Seigneur,
ce que vous demandait le larron pénitent :
« Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume. »
(d’après saint Thomas d’Aquin et Évangile selon saint Luc, 23, 42)