Visite guidée des lieux confiés à la Communauté

      Situé aux portes de Périgueux, l’Abbaye de Chancelade est un havre de paix. Trois propriétaires se partagent les lieux:
-la municipalité propriétaire de l’église abbatiale et du Logis de Bourdeilles (presbytère) ces deux bâtimants sont affectés au culte catholique.
-L’association diocésaine de Périgueux propriétaire de la chapelle Saint-Jean, du parc, de la maison de la communauté et du Logis de l’Abbé. L’ensemble de ces bâtiments communaux et diocésains est confié à la communauté des Chanoines Réguliers de Saint Victor.
-une famille , propriétaire des bâtiments conventuels, restaurés par ses soins et ouverts à la visite durant les mois d’été.

       Edifiée au XIIème siècle,l’église abbatiale subit au cours de son histoire maints outrages et a été remaniée au XVIIème siècle sous l’impulsion du Bienheureux Alain de Solminihac.

La façade extérieure : l’absence de symétrie est due à l’empiètement du Logis de Bourdeilles  (bâtiment communal, aujourd’hui presbytère), le portail en arc brisé situé au centre de la façade n’est pas dans l’axe de la nef.

       Au deuxième niveau une rangée d’arcatures en plein cintre : au nord 2 arcs plus grands, le deuxième abrite une baie qui, elle, est dans l’axe de la nef.
       Ces arcatures s’appuient sur un bandeau saillant soutenu par des corbeaux représentant de gauche à droite une fleur perlée à huit pétales, un soleil, une tortue, enfin des bandes horizontales moulurées représenteraient les quatre éléments : Air, Feu, Terre, Eau.
Toute cette partie de la façade est du XIIème siècle, de facture romane avec influence architecturale dela Saintonge.
      Le fronton triangulaire du XVIIème siècle avec une niche, abrite un buste demeuré inconnu, daté de 1630.
      Dès l’entrée deux volées de marches rachètent la différence de niveau entre le portail et le sol de la nef(1973).
      Au dessus une tribune soutenue par un robuste arc de plein cintre(1715), récemment restauré.

 

Dans la nef : murs et fenêtres de la partie basse sont du XIIème. Dans la deuxième travée, on a retrouvé des traces de fresques du XIIIème ou XIVème siècle.

 

  

 La partie haute de la nef a été revoutée en 1630 de cinq travées sur croisée d’ogives. Les fenêtres du XVIIème ont des remplages gothiques différents : fleur de lys, rose, quadrilobes.

 

Le transept est la partie la mieux conservée du XIIème. La croisée du transept est couverte d’une coupole de 6m50 de diamètre qui supporte le clocher.
On retrouve également les traces d’un escalier qui permettait aux religieux d’accéder à l’église pour l’office de nuit en venant du dortoir.
Transept sud : sur la petite tribune un orgue positif reconstruit en 1850  avec les restes de l’instrument beaucoup plus important qui se trouvait dans la grande tribune avant la révolution restauré en 1965 et décoré dans le style baroque.

Le chœur monastique : entièrement reconstruit au XVIIème siècle possède le même type de voutes d’ogives quadripartites que la nef.
Derrière les boiseries deux fresques du XIVème représentant Saint Christophe portant le Christ enfant sur ses épaules et l’autre, sans doute, Saint Thomas Beckett en évêque.

Le mobilier : dans le chœur un retable et 64 stalles du XVIIème en bois de noyer. Chaque miséricorde est ornée d’un motif différent.

Dans les transepts deux retables placés en 1740, dans le style plus sobre du XVIIème.
Au nord, une toile du XVIIIème remise des clés à Saint Pierre, au sud autel dédié au bienheureux Alain de Solminihac, buste reliquaire de 1670 en bois doré.
La chaire fut construite et placée en 1743.

Sous la coupole l’autel en pierre polie de Chancelade, consacré par l’évêque de Périgueux le 15 mai 1977.

Deux confessionnaux récemment restaurés, sont enchâssés dans l’épaisseur du mur.

Tableau du Christ aux outrages, attribué à l’école de Van Honthorst, actuellement en réfection.

Quittons l’église abbatiale, laissant de côté les bâtiments conventuels (cuvier, écuries, moulin).

L’entrée des bâtiments conventuels, se faisait par le porche monumental avec porte cavalière et porte piétonne situé entre le Logis de Bourdeilles maintes fois remanié et le cuvier. Ces bâtiments ne se visitent pas. Nous nous dirigeons versla Chapelle Saint Jean, propriété du diocèse

Hors de l’enclos des murs conventuels, cette église de petite dimension :19 mx5 ma été édifiée, sans doute par la même équipe d’artisans au XIIème siècle, elle avait une vocation paroissiale. Consacrée en 1147 par l’Evêque Raymond de Mareuil elle est dédiée à Saint Jean Baptiste, Saint Front etla Trinité. Dénuéede toute sculpture ornementale, l’essentiel de la décoration  – comme pour l’église Abbatiale – se trouvant sur la façade de facture romane et d’inspiration des églises de Saintonge. Sur la voussure inférieure voir la mention « PAX » aux lettres cerclées d’une croix de Saint André ; sur le corbeau central voir une main bénissante. La nef pauvre en lumière est couverte d’un berceau brisé qu’un doubleau sépare en deux travées .A noter enfin que le toit était à l’origine couvert en lauzes ; enfin le petit clocher est de facture récente.
Cette chapelle tire sa beauté de ses proportions harmonieuses et son décor sobre concentré sur la façade ; influence s’il en est de la règle de Saint Augustin.

 
Rendons nous dans le parc, ancien potager et verger de l’abbaye, et  par l’allée d’ifs bicentenaires découvrons le Logis de l’Abbé, propriété du diocèse , confié à la communauté pour y développer le centre spirituel.
 

 

Ce bâtiment important sur trois niveaux, doté d’une façade noble orientée à l’Est donc hors l’emprise des bâtiments conventuels, devait servir pour la réception des hôtes de marque.   
Ce logis a subi maints remaniements (bâtiment du XIIème remanié au XVème tel qu’il apparait pour sa partie centrale et pour les deux premiers niveaux ; enfin agrandi et surélevé au XVIIIème.) au rez-de-chaussée galerie composée de huit arches en anse de pannier datée de 1727 ; au premier étage terrasse bordée de balustrades donnant sur trois grandes pièces de réception en boiserie et une cheminée monumentale du XVème siècle.